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| Un __schéma cognitif__ (ou __schéma__) est l'association, acquise et stable au fil des années, de différents éléments cognitifs qui font système pour détecter et réagir à des situations : * [entrée/activation] - une façon de percevoir, reconnaître et interpréter des situations, * [traitement] - qui met en jeu des besoins et sucite alors une __attitude__ (composée d'émotions, de croyances et d'intentions), * [sortie] - ces besoins et cette attitude suggérant des réponses comportementales tout en étant la condition de leur possiblité (ils permettent, contraingnent et suggèrent des comportements). |
Au sens large, la __cognition__ désigne l'ensemble des processus d'un organisme qui relèvent du traitement d'information (mémoire, perception, raisonnement, apprentissage, attention, émotion…). Au sens large, les __pensées__ sont les éléments cognitifs (au moins partiellement) conscients (mais pas nécessairement contrôlés), grossièrement regroupables en quelques domaines : * lien au corps : sensation, perception, émotion, * affectivité : émotion, affect, sentiment, * __conation__ (part des pensées tournées vers l'action et la motivation) : besoin, intention, valeur, * mémoire : souvenir, croyance/connaissance/représentation, * raisonnement : idée, réflexion, jugement/conclusion. Un __schème cognitif__ (ou __schème__) est l'association acquise de différents éléments cognitifs qui font système pour détecter et réagir à des situations : * [entrée/activation] - une façon de percevoir, reconnaître et interpréter des situations (par exemple reconnaître visuellement un escalier en face de soi, ou interpréter/reconnaître un type de situation sociale où la personne en face est en position de prodiguer du soin dans un certain domaine), * [traitement] - qui met en jeu des besoins et sucite alors une __attitude__ (composée d'émotions, de croyances et d'intentions) (par exemple souhaiter monter l'escalier et croire que c'est possible, ou ressentir de la confiance envers la personne et avoir l'intention de s'appuyer sur son aide), * [sortie/réponse] - ces besoins et cette attitude suggérant des réponses comportementales tout en étant la condition de leur possiblité (ils permettent, contraingnent et suggèrent des comportements) (par exemple déclancher les mouvements permettant de monter les escalier, ou réfléchir à demander de l'aide dans le domaine en question et se souvenir de situations similaires avec des figures d'attachement). Les schèmes sont des abrégés d'expériences passées, fonctionnant sur le mode de l'habitude (sensori-motrice, de réflexion, d'appréciation…), qui sont différentiellement activés et inhibés par les situations présentes. Un __schéma cognitif__ (ou __schéma__) est un schème stable au fil des années, qui concerne la personne ou sa relation aux autres (donc pas l'exemple de l'escalier, mais plus l'exemple de la demande d'aide). |
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| * stables au cours de la vie, | * stables au cours de la vie (ou du moins au cours des années), |
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| * d'extraversion/introversion, * d'__amabilité__ : tendance aux comportements et attitudes prosociales, * de __neuroticisme__ : tendance aux émotions négatives (anxiété, colère et hostilité, dépression, timidité sociale, impulsivité) et __vulnérabilité psychologique__ (tendance à expérimenter des émotions négatives en réaction aux événements). Ce sont ces traits de personnalité que mesure les tests de personnalité. |
* d'extraversion : selon les tendances aux comportements et attitiudes de chaleur, de grégarité, d'assertivité, d'activité et de recherche de sensations, ainsi que la tendance à ressentir des émotions positives, * d'__agréabilité__ (ou __amabilité__) : tendance aux comportements et attitudes prosociales (confiance, droiture, altruisme, conformité, modestie, sensibilité), * de __neuroticisme__ : tendance aux émotions négatives (anxiété, colère et hostilité, dépression, timidité sociale, impulsivité) et __vulnérabilité psychologique__ (tendance à ressentir des émotions négatives en réaction aux événements). Ce sont ces traits de personnalité que mesure les tests de personnalité. (Le modèle HEXACO construit un peu différamment les catégoties des traits de personnalité avec notamment la caractéristique supplémentaire d'honnêteté et humilité.) Pour chacun de ces traits de personnalité : * l'étendue de la variabilité autour de la tendance qu'est le trait de personnalité, * ainsi que la capacité à contrôler où se situer dans cette gamme de variabilité en fonction des situations, constituent des compétences socio-émotionnelles et peuvent être travaillées. |
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Plus concrètement, le profilage automatique de la personnalité est utilisé en influence politique (par exemple dans l'affaire Facebook-Cambridge Analytica). |
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| * l'acceptation du schéma : suivre les comportements que le schéma suggère conformément à l'attitude qu'il sucite, | * l'acceptation du schéma / la soumission au schéma : suivre les comportements que le schéma suggère conformément à l'attitude qu'il sucite, |
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| * au cas pathologique du __trouble dissociatif de l'identité__, où des modes de fonctionnement différents coexistent de façon incontrôlée chez la personne, avec amnésie de ce qui se passe dans les autres modes, causant des difficultés graves pour le fonctionnement de la personne (je précise, car comme toujours en psychiatrie, une pathologie est un type de fonctionnement ''et'' le fait que celui-ci pose des difficultés graves à la personne). | * au cas pathologique du __trouble dissociatif de l'identité__, où des modes de fonctionnement différents coexistent de façon incontrôlée chez la personne, avec amnésie de ce qui se passe dans les autres modes, causant des difficultés graves pour le fonctionnement de la personne (je précise, car comme toujours en psychiatrie, une pathologie correspond à un type de fonctionnement ''et'' au fait que celui-ci pose des difficultés graves à la personne). |
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| * __vigilance__ : capacité à identifier les éléments pertinents par rapport aux besoins de la personnalité pour prendre des décisions en conséquence (identification des signaux, des décisions à prendre etc.) | * __vigilance__ : capacité à identifier les éléments pertinents par rapport aux besoins de la personnalité pour prendre des décisions en conséquence (identification des signaux, des décisions à prendre etc.), |
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| * __conscience d'accès__ : capacité à identifier et manipuler explicitement ses pensées (croyances, intentions, raisonnements etc.), besoins, émotions et valeurs, | * __conscience d'accès__ : capacité à identifier et manipuler explicitement ses pensées, |
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| * l'__autocompassion__ : fait de s'accepter tel qu'on est et d'avoir une attitude bienveillante vis-à-vis de soi (accepter par opposition à punir, à souhaiter la disparition ou à avoir des exigences de changement) | * l'__autocompassion__ : fait de s'accepter tel qu'on est et d'avoir une attitude bienveillante vis-à-vis de soi (accepter par opposition à punir, à souhaiter la disparition ou à avoir des exigences de changement), |
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| Le développement d'un trouble de la personnalité a lieu durant la mise en place de la personnalité, c'est-à-dire durant l'enfance et l'adolescence (en particulier dans le système d'attachement avec les prodigueur·se·s de soin, mais aussi du fait d'expériences de vie traumatisantes etc.). | Le développement d'un trouble de la personnalité a lieu durant la mise en place de la personnalité, c'est-à-dire durant l'enfance et l'adolescence (en particulier dans le système d'attachement avec les prodigueur·se·s de soin, mais aussi du fait d'expériences de vie traumatisantes, de situations prolongées de manque de limites, de manque prolongé de situations d'autonomie et de performance etc.). |
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| Concernant la définition de pensée et l'énumération incomplète de types de pensées, ça n'a pas vocation à être très informatif. C'est simplement pour essayer d'éviter d'employer une nébuleuse de mots sans structure, en cherchant une certaine cohérence avec les pages Wikipédia correspondantes. |
Personnalité
Personnalité :
Au sens large, la cognition désigne l'ensemble des processus d'un organisme qui relèvent du traitement d'information (mémoire, perception, raisonnement, apprentissage, attention, émotion…). Au sens large, les pensées sont les éléments cognitifs (au moins partiellement) conscients (mais pas nécessairement contrôlés), grossièrement regroupables en quelques domaines : conation (part des pensées tournées vers l'action et la motivation) : besoin, intention, valeur, Un schème cognitif (ou schème) est l'association acquise de différents éléments cognitifs qui font système pour détecter et réagir à des situations : [traitement] - qui met en jeu des besoins et sucite alors une attitude (composée d'émotions, de croyances et d'intentions) (par exemple souhaiter monter l'escalier et croire que c'est possible, ou ressentir de la confiance envers la personne et avoir l'intention de s'appuyer sur son aide), Les schèmes sont des abrégés d'expériences passées, fonctionnant sur le mode de l'habitude (sensori-motrice, de réflexion, d'appréciation…), qui sont différentiellement activés et inhibés par les situations présentes. Un schéma cognitif (ou schéma) est un schème stable au fil des années, qui concerne la personne ou sa relation aux autres (donc pas l'exemple de l'escalier, mais plus l'exemple de la demande d'aide). La personnalité désigne l'ensemble des schémas d'une personne. Elle se stabilise largement au cours de l'adolescence. La notion de personnalité s'oppose : d'un côté à celle de tempérament : tendances innées et génétiques dans les réactions aux situations, s'exprimant dès la naissance et influençant le développement de la personnalité, de l'autre à celle d'humeur : tendance émotionnelle pouvant varier à l'échelle de la journée ou des semaines, influençant les émotions (y compris liées aux comportements sociaux), les instincts (sommeil, appétit, libido), le fonctionnement intellectuel (raisonnement, mémoire). La caractérisation de la personnalité d'un individu (par rapport bien entendu à la personnalité des autres individus) cherche à dégager, dans les comportements et attitudes, des tendances (ainsi que des gammes de variabilité autour de ces tendances) : Empiriquement (et comme en rend compte le modèle des Big Five), de telles tendances (appelées traits de personnalité) s'observent principalement au sujet des caractéristiques : d'ouverture à l'expérience : tendance à rechercher ou accueillir la nouveauté ou la diversité des expériences (selon différents types d'expériences : les rêveries, les expériences esthétiques et artistiques, les émotions et sentiments, les activités et actions, les idées et stimulations intellectuelles, les valeurs différentes des siennes et de celles qui font autorité), de conscienciosité : tendance à réaliser et avoir des attitudes orientées vers le fait de réaliser des tâches correctement en s'investissant (tendance elle-même catégorisable en différentes composantes : autodiscipline, ordre et organisation, délibération, sens du devoir, recherche de réussite, sentiment de compétence), d'agréabilité (ou amabilité) : tendance aux comportements et attitudes prosociales (confiance, droiture, altruisme, conformité, modestie, sensibilité), de neuroticisme : tendance aux émotions négatives (anxiété, colère et hostilité, dépression, timidité sociale, impulsivité) et vulnérabilité psychologique (tendance à ressentir des émotions négatives en réaction aux événements). Ce sont ces traits de personnalité que mesure les tests de personnalité. (Le modèle HEXACO construit un peu différamment les catégoties des traits de personnalité avec notamment la caractéristique supplémentaire d'honnêteté et humilité.) Pour chacun de ces traits de personnalité : constituent des compétences socio-émotionnelles et peuvent être travaillées. Par ailleurs, les personnalités peuvent faire l'objets de classifications ou être placées sur des échelles (avec des tests psychologiques). Ainsi, en psychologie sociale, on peut étudier comment certaines structures sociales interagissent avec et sont rendues possibles par les personnalités des agents impliqués selon les caractéristiques de leurs personnalités. C'est par exemple le cas dans la théorie de la personnalité autoritaire. Plus concrètement, le profilage automatique de la personnalité est utilisé en influence politique (par exemple dans l'affaire Facebook-Cambridge Analytica). La gestion de sa personnalité consiste à utiliser comme des ressources (et mettre en place des stratégies comportementales et cognitives pour utiliser comme des ressources) ses schémas et les comportements qu'ils permettent (en fonction notamment des identités réactivées par la situation et/ou pertinentes à mobiliser dans la situation). Grossièrement, ces stratégies de gestion des schémas peuvent être de l'ordre de : Les difficultés de gestion de sa personnalité sont de deux ordres : au cas pathologique du trouble dissociatif de l'identité, où des modes de fonctionnement différents coexistent de façon incontrôlée chez la personne, avec amnésie de ce qui se passe dans les autres modes, causant des difficultés graves pour le fonctionnement de la personne (je précise, car comme toujours en psychiatrie, une pathologie correspond à un type de fonctionnement Plus précisément, dire que la gestion de la personnalité peut souffir d'un défaut d'unité et de contrôle de soi, c'est dire que la gestion de la personnalité repose sur les compétences d'intégration de soi (integrated self) : connexion à son corps et ses émotions : capacité à ressentir, identifier et prendre en compte ses états corporels et émotionnels, vigilance : capacité à identifier les éléments pertinents par rapport aux besoins de la personnalité pour prendre des décisions en conséquence (identification des signaux, des décisions à prendre etc.), perception de retours : capaciter à identifier les feedbacks permettant de savoir si l'objectif associé à un besoin a été rempli, conscience d'accès : capacité à identifier et manipuler explicitement ses pensées, compétence intégrative : avoir une image de soi qui prenne en compte l'ensemble de sa personne (personnalité comprise), résilience : capacité à aussi utiliser comme ressource des éléments de sa personnalité qui posent des difficultés, estime de soi : jugement de sa valeur par rapport aux autres. L'estime de soi est à distinguer (bien qu'elles s'entre-influencent) de : l'appréciation de soi : fait de s'apprécier (indépendament d'un jugement de valeur), l'autocompassion : fait de s'accepter tel qu'on est et d'avoir une attitude bienveillante vis-à-vis de soi (accepter par opposition à punir, à souhaiter la disparition ou à avoir des exigences de changement), l'amour propre : capacité à porter de l'attention sur soi et à prendre soin de soi. Un trouble de la personnalité désigne le fait de rencontrer dans des situations diverses depuis l'adolescence une ou des difficultés graves avec un (ou des) schéma parce que les comportements qu'il permet et/ou la stratégie de gestion de ce schéma échouent à répondre aux besoins et sont trop rigides pour être adaptés facilement. Ce dysfonctionnement de schéma ou de stratégie de gestion de schéma peut faire intervenir des boucles de rétroaction où des problèmes induits par ce dysfonctionnement confirment le schéma et renforcent la stratégie dysfonctionnelle. (Par exemple : schéma avec peur de l'abandon -> comportement visant à éviter l'abandon mais inapproprié -> abandon.) Le développement d'un trouble de la personnalité a lieu durant la mise en place de la personnalité, c'est-à-dire durant l'enfance et l'adolescence (en particulier dans le système d'attachement avec les prodigueur·se·s de soin, mais aussi du fait d'expériences de vie traumatisantes, de situations prolongées de manque de limites, de manque prolongé de situations d'autonomie et de performance etc.). Les schémas pouvant poser des difficultés, et les troubles de la personnalité plus généralement, font l'objet de classifications, dans une perspective de soin psychologique (diagnostic, développement et évaluation de protocoles de soin etc.), comme c'est le cas dans la thérapie des schémas.
Définition
Caractérisation et classification
Gestion de la personnalité
et au fait que celui-ci pose des difficultés graves à la personne).
Trouble de la personnalité
bonus : trouble de la personnalité borderline
Note sur le vocabulaire : Le terme "personnalité" recouvre aussi parfois les stratégies de gestion des schémas. J'ai préféré distinguer les deux pour mettre en exergue l'opposition entre :
- un fonctionnement stable et largement émotionnel (ce à quoi on est sensible et de quelle manière),
- des stratégies de gestion de ce fonctionnement, qui sont plus manipulables et conscientes.
Concernant la définition de pensée et l'énumération incomplète de types de pensées, ça n'a pas vocation à être très informatif. C'est simplement pour essayer d'éviter d'employer une nébuleuse de mots sans structure, en cherchant une certaine cohérence avec les pages Wikipédia correspondantes.
[psychologie 🎭 15 + 11 + 4 + 15 + 16 = 1 h 01]